Accueil » Services liés aux cryptomonnaies chez les néobanques, quelle implication pour les banques ?

Services liés aux cryptomonnaies chez les néobanques, quelle implication pour les banques ?

Face à la demande croissante des clients particuliers et professionnels les banques doivent accélérer leur démarche pour proposer des services liés aux cryptoactifs, si elles ne veulent pas être dépassées par les néobanques certaines proposent déjà des services liés aux cryptomonnaies ni par l’arrivée imminente des cryptobanques. Le marché des cryptoactifs est en pleine maturité avec une capitalisation de plus de 2000 milliards de dollars (dont plus de 1000 milliards sur 2021), il attire aujourd’hui plus de 220 millions de personnes à travers le monde (et plus de 500 millions de personnes d’ici 2025). Souvent pointé du doigt pour la volatilité de ses actifs il n’en demeure pas moins un marché porteur du fait de la généralisation de l’utilisation des cryptomonnaies comme moyen de paiement et la reconnaissance de certaines cryptomonnaies comme le Bitcoin considéré comme une valeur de refuge et par certains pays comme une monnaie à part entière. Le potentiel des cryptomonnaies en termes d’adoption qui est deux fois supérieur à celui d’internet dans les années 2000 a convaincu certaines néobanques de proposer des services liés aux cryptomonnaies. Depuis 2018 il est possible aux clients de la néo-banque anglaise Revolut d’acheter et vendre des cryptoactifs. Aujourd’hui Revolut c’est : plus de 300.000 nouveaux portefeuilles de cryptoactifs créés par mois, 1,4 milliard de cryptoactifs sous gestion et plus de 15 millions de clients qui peuvent accéder à 21 cryptoactifs différents. Son concurrent allemand N26 a d’ailleurs annoncé cette année la mise en place dès 2022 de services liés aux cryptomonnaies. Chez Fulaicorp nous sommes convaincus que le développement de services autour des cryptomonnaies va devenir une norme dont les néo-banques se positionnent déjà dessus. De plus en plus, les clients de banques traditionnelles en quête de rendements plus attractifs par rapport à ce qui est proposé par les produits bancaires traditionnels migrent une partie de leurs fonds vers les néo-banques ou plateforme d’échanges de cryptomonnaies pour accéder aux services d’achat et de vente de cryptomonnaies. Il est impossible pour les banques de rivaliser avec les rendements que proposent les cryptomonnaies (même si la volatilité n’est pas la même, le ratio risque/reward est intéressant sur le long terme d’autant plus sur un marché en tendance haussière depuis plus de 13 ans). A termes, nous pensons que si les banques ne prennent pas le pas sur les néo-banques en les laissant développer des services autour des cryptomonnaies sans proposer d’alternatives il va y avoir une accélération de la perte de clients et de fonds gérés par les banques au profit des néo-banques et plateformes d’échanges de cryptomonnaies. Néanmoins, le marché des cryptomonnaies peut-être un des axes de source de PNB (revenu) pour les banques qui sont en recherche constante de leur futur modèle économique et d’un nouveau souffle. Le marché des cryptomonnaies qui était hier confidentiel, intéresse de plus en plus les clients bancaires qu’ils s’agissent de particuliers ou les professionnels. La mise en place de services autour des cryptomonnaies est une opportunité énorme pour les banques que ce soit pour capter de nouveaux capitaux, clients et  revenus. Il suffit de voir la capitalisation boursière de la plateforme américaine d’échanges de cryptomonnaies Coinbase qui est deux fois inférieure à celle de la plus grosse banque d’investissement au monde Goldman Sachs alors que sa masse salariale ne représente que 4% celle de Goldman Sachs et a réalisé sur 2021 en un quarter près de 2 milliards de chiffre d’affaires pour comprendre le potentiel des revenus liés à l’achat/vente de cryptomonnaies pour un établissement bancaire. Les services financiers liés aux cryptomonnaies (disponible dans le module 2 – services financiers liés aux cryptomonnaies) vers lesquels les banques peuvent se tourner dans un premier temps sont : l’achat / vente de cryptoactifs et le staking de cryptoactifs. La mise en place d’un service d’achat / vente de cryptomonnaies offre l’opportunité aux banques de répondre à la demande de leurs clients particuliers et professionnels qui veulent s’exposer aux fluctuations des cryptomonnaies tout en générant une nouvelle source de revenus basée sur les ordres d’achat et de vente d’une cryptomonnaies via l’application de frais de commissions (qui sont actuellement entre 1.5-2.5% sur Revolut) auxquels peuvent s’ajouter d’autres frais comme des frais de gestion ou d’assurances. Les banques, acteurs historiques, ne sont pas nécessairement dans une stratégie de conquête mais plutôt de cross-selling. La mise en place d’un service de staking offre la possibilité aux banques de proposer un service à leurs clients pour générer des rendements passifs sur certains types de cryptomonnaies qu’ils auront achetés depuis leur compte bancaire. Pour rappel le staking consiste à déléguer un montant de cryptoactif pour participer à la validation de transactions et assurer la sécurité du réseau blockchain auquel le cryptoactif est issue en échange d’une rémunération associée au cryptoactif délégué. Il concerne les cryptomonnaies issus d’un réseau blockchain de type proof of stake (preuve d’enjeu). Pour les banques un service de staking leur permet de se rémunérer à la fois à travers l’application de frais de gestion liés au staking mais aussi grâce aux rendements passifs des cryptomonnaies mises en staking par leurs clients. Il est important de noter que dans un système de staking les rendements sont en cryptomonnaies et ne tiennent pas compte de la volatilité de la valeur intrinsèque rattachée à une cryptomonnaie. Malheureusement, elles ne disposent pas encore des compétences et de l’expertise sur ce marché. Elles doivent donc investir massivement pour répondre aux attentes de leurs clients. La mise en place de services liés aux cryptomonnaies comporte une implication forte pour les banques à plusieurs niveaux tels que : politique, financier, IT, organisationnel, légal, RH. Au niveau politique, cela implique que les banques reconnaissent la valeur des cryptomonnaies alors que la majorité d’entre elles en France refusent encore aujourd’hui l’ouverture de comptes professionnels à des entreprises dont l’activité principale est liée à l’industrie des cryptomonnaies. Certaines empêchent même leurs clients en 2021 de faire des virements bancaires vers des plateformes d’échanges de cryptomonnaies ou des retraits depuis des plateformes d’échanges de cryptomonnaies sous peine de fermeture de leur compte bancaire. Reconnaître la valeur des cryptomonnaies implique pour les banques de revoir leur positionnement concernant les cryptoactifs dont la majorité est défavorable car elles les considèrent encore comme des véhicules dédiés au blanchiment de capitaux, financement du terrorisme présentant un risque pour la protection des investisseurs. C’est un choix fort auquel les banques en France vont devoir faire face si elles veulent se mettre à proposer des services autour des cryptoactifs, alors même que 55% des plus grandes au monde sont exposées au Bitcoin et cryptomonnaies. Au niveau Financier, les banques qui veulent proposer des services liés à l’achat/vente de cryptomonnaies doivent provisionner à hauteur de 100% la valeur du montant des cryptomonnaies qu’elles proposent pour répondre aux exigences du comité de Bale. Ce qui se traduit par une incapacité pour les banques d’utiliser la liquidité issue des dépôts de leurs clients qui souhaitent s’exposer à des services de cryptomonnaies pour répondre à des besoins en financement. Au niveau IT, cela implique que les banques mettent en place une infrastructure IT capable d’être en mesure de couvrir les risques liés aux cryptomonnaies qu’elles veulent intégrer dans leur service et notamment au niveau de la gestion des accès et la protection des portefeuilles électroniques (wallets) qui assurent la conservation et les mouvements de transfert des cryptomonnaies contre les vols et piratages. Au niveau organisationnel, les banques vont devoir choisir le modèle de conservation de cryptomonnaies qu’elles veulent mettre en place : en leur sein ou via un prestataire régulé par l’autorité des marchés financiers. Dans le cas du staking, les banques vont devoir faire le choix de devenir validateur d’un ou plusieurs réseaux blockchain (qui aura un impact sur le rendement) ou passer par un validateur existant (qui porte un risque sur la gestion des cryptoactifs). Proposer des services de cryptoactifs implique la mise en place d’équipes dont les ressources ont des expertises fortes sur le marché des cryptomonnaies et en blockchain ainsi qu’une montée en compétences plus globale des collaborateurs autour des cryptomonnaies. Au niveau légal, les banques qui veulent proposer des services liés aux cryptoactifs pour permettre à leurs clients de s’exposer doivent être enregistrées auprès de l’autorité des marchés financiers en tant que prestataire de services d’actifs numériques. Mais aussi communiquer et informer sur les risques associés à l’exposition sur des cryptomonnaies, car il peut y avoir une perte totale du capital engagé pour les clients notamment si le réseau blockchain Conclusion L’engouement autour des services liés aux cryptomonnaies va continuer à s’accélérer en 2022, les banques en France doivent se positionner et proposer des services liés aux cryptomonnaies si elles ne veulent pas se laisser dépasser une concurrence qui se donne les moyens de répondre à la demande forte de ses clients par rapport aux cryptomonnaies. La forte concurrence sur le marché bancaire, et l’arrivée des nouveaux concurrents doivent motiver les acteurs historiques à investir massivement pour répondre aux demandes de leurs clients actuels. Il est fort à parier qu’elles vont choisir d’appliquer le même modèle de service que Revolut, c’est-à-dire permettre à leurs clients d’avoir accès à un nombre limité de cryptoactifs sans leur donner la possibilité une fois un ordre d’achat effectué de les transférer vers un portefeuille électronique blockchain (wallet) pour les utiliser directement sur un réseau Blockchain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.